La Harpe

La Harpe « llanera »

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(Lutherie Gabriel Zurini)
(Lutherie Gabriel Zurini)

La harpe sous sa forme dite « llanera » ou vénézuélienne ou colombienne ou encore criolla est à l'origine la harpe baroque espagnole, introduite en Amérique du Sud pour être utilisée au départ dans les églises avant qu’elle ne passe dans le domaine populaire surtout dans la région des plaines (los llanos).

La musique llanera est riche d'un métissage où se retrouvent des éléments de baroque espagnol, de richesses rythmiques africaines et autochtones.

Yves d'Arcizas, qui a une vue large et complète de l'histoire des harpes et qui lors de son séjour en Colombie a réalisé une copie de la harpe dite de Topaga, a eu la gentillesse de me la prêter quelques temps.

Livres recommandés:

Quelques lectures recommandées :

  • "El arpa en Venezuela" - Fernando Guerrero (Ediciones Fundarte, 1999: 240 pp.)
  • "El arpa" - David Parales Bello (Ediciones Escuela Centro Folclorico del Llano. Bogota. Colombia-1991)

Llanos et llaneros

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Los LLanos
Los LLanos

Des voyages dans les Llanos effectués en autocar (il y a une quarantaine d'années pour les premiers) je retiens ces longues routes droites dans la plaine où entre deux villes les marécages semblent s'étaler à l'infini.

Et prise d'un bus en marche entre Barinas et San Fernando de Apure, cette photo qui une fois agrandie semble montrer la silhouette d'un pêcheur perdu au milieu des marécages !

Transcriptions d'enregistrements anciens de joropos traditionnels

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Si la jeune génération de harpistes de musique llanera ne s'effarouche plus devant une partition, les générations précédentes n'y avaient pas recours.

Il y a 20 ou 30 ans, pour apprendre la musique llanera il fallait batailler avec les touches de son lecteur de K7 et plus récemment de CD. Pour la musique de joropos, il s'agit d'un jeu extrêmement rapide avec des syncopes rythmiques complexes à réécouter 1000 fois pour en comprendre quelques instants.

Si je souris en repensant à cette époque, il est vrai que c'était très pénible et fastidieux tout en étant un bon test de motivation concernant cette musique. Cet exercice long et laborieux fait sans visée lucrative au début des années 2000, j'aimerais en faire profiter quelques uns en mettant quelques PDF qui, bien que rédigés maladroitement j'en conviens, peuvent aider à débrousailler les ressorts du joropo. Il s'agit plus de relevés des notes que de partitions achevées et je les présenterai ainsi : "dans le style de...".Il est vrai qu'une fois parvenu à la génération suivante de harpistes du style "metralleta - Carlos Orozco", le relevé de note peut devenir encore plus difficile.

Dans le style de Pedro Castro :
Pedro Castro se lance au triple galop dans des joropos fougeux aux schémas rythmiques complexes défiant la raison d'où jaillissent de belles phrases longues et pleines d'une beauté allant puiser dans le monde baroque. Le Seis serait le Yang (Majeur) et le Pajarillo le Ying (Mineur) d'une même dualité.

Dans le style de Joseito Romero :
Joseito Romero impressionne par la mise en place rigoureuse de sa musique et son jeu brillant et puissant.

Dans le style de Eugenio Bandres :
le premier vinyle que j'écoutais c'est le sien, d'un style donnant de la noblesse au traditionnel.

Dans le style de Eudes Alvarez :
un Maître du Bordoneao (technique de basses jouées avec les pouces) Ici bandoleao fait référence à la Bandola autre instrument llanero très percussif.

Dans le style de Felix Ramon Torres :
harpiste llanero colombien ayant son école à Bogotá.

Dans le style de Abdul Farfan :
harpiste colombien de Arauca, deux fois mon hôte à l'occasion du Festival de folklore.
Sa mère, María Magdalena Duque Loaiza est poète (el regalo de las musas) (poème1 - poème2 - poème3)

Dans le style de Dario Robayo :
maestro harpiste colombien de Bogota né à Cumaral (Meta).

Partitions de variations sur des musiques traditionnelles

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Bueno Aires llaneros de Angel Loyola - variations de Pascal Coulon. (+mi Camaguan)

Concernant les morceaux traditionnels, bien que mes variations aient été conçues dans la tête et non sur le papier, je les ai codifiées sur partition pour y articuler des contre-chants; ne lisant pas en jouant, je dois exécuter de mémoire la partie harpe telle que je l'ai mise sur partition pour que les contre-chants lus au studio par les intervenants coincident avec la harpe. C'est délicat, mais ça marche !

Pour exemple, des extraits de mes variations sur des musiques llaneras traditionnelles :

  • "Mi Buenos Aires llaneros" (partition)
    Musique de Ángel C. Loyola, figurant dans mes CD sous le titre "2 pasajes pour paysage" ("Arpaligato" - CD 2009). Contre-chant interprété par le violoniste Alexis Cardenas.

Les français et la harpe "llanera" ou "criolla"

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Lorsque je suis monté à Paris il y a une bonne quarantaine d'année et que je me suis intéressé à la harpe llanera, existait déjà le souvenir d'un français Jean-Jacques Golicki qui s'était fait acheminer une harpe du Venezuela et c'est le célébre harpiste Juan vicente Torrealba qui s'était chargé de lui choisir une harpe "Banco Largo". A Paris, travaillant le jour pour le commerce familial de vêtements dans le Sentier, il se produisait la nuit dans des cabarets (l'Escale). Selon les gens qui l'on connu, c'est cette double vie épuisante et frénétique qui provoqua sans doute son décès d'un arrêt du coeur à l'âge de 37 ans en 1967. Il a laissé le souvenir d'un musicien doué et généreux.

A mon arrivée à Paris, le français qui jouait déjà ce style de harpe, celui qui déjà avait son répertoire en main c'était Gabriel Zurini. Il s'était déjà mis à fabriquer une première harpe en 1967 ayant pris pour modèle la harpe de Jean-Jacques Goloki.Sa lutherie s'est affinée au point d'arriver à produire des harpes légères et sonores que j'ai adoptées. Méticuleux, il adore analyser, retenir et expliquer les choses et c'est le "parrain" en quelque sorte.

Il faut citer Luc Dubos. Il s'est d'abord passionné pour la harpe paraguayenne en 1974 avec pour modèle le harpiste Ramon Romero. Puis son intérêt s'est reporté sur la harpe llanera et les maracas (séjour à Barinas en 1980) et enfin plus récemment sur la harpe tuyera de andes vénézuéliennes munies de cordes métalliques et dont la technique est complexe (avec les maîtres Arturo Garcia et Flugencio Aquino). A présent il joue de la contrebasse.

Je pense à Cyrille Monin, le fils de Claude Monin, un ingénieur passionné de harpe llanera qui s'est reconverti dans la fabrique de flûtes à bec baroques.

Bernard Rousseau, attaché plus que tout à ses bords de Loire, brocanteur et fils de brocanteur avec une connaissance forte de la valeur des belles choses et un amoureux de la musique, des musiques qu'il a jouées en tout lieux avec un talent de multi-instrumentiste ( le banjo, la balalaika, le charango des andes pour finir sur la harpe et les maracas dont les figures rythmiques sont extrêmement difficiles à reproduire - Des choses qu'il a appris en écoutant des cassettes !!

Il y a eu Barbrô, la suédoise, pianiste au départ et très douée pour la harpe llanera.

Des inséparables frères Pierre et Alain Clemente vivant dans le Sud de la France, c'est Alain qui s'est révélé très fin harpiste.

Aux antipodes, un ingénieur des Eaux Luc Martin qui au gré de ses mutations a découvert la harpe llanera en Colombie avec Mario Tineo et Carlos Rojas. Il doit se trouver peut-être en poste en Indonésie actuellement.

Suzanne Abelin qui vit près d'Avignon a appris avec un vénézuelien de Paris.

Alain Harre, de Cavaillon possède un beau toucher de harpe.

Guy Leroux, guitariste au départ, mandoliniste ensuite, mets à présent la pression sur la harpe llanera.

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